Aller au contenu
menthe.org

Huiles essentielles · Mentha arvensis

L'HE de menthe des champs

La menthe des champs, appelée aussi menthe japonaise ou cornmint, fournit l'essentiel du menthol naturel de la planète. Son huile brute titre couramment 70 à 85 % de menthol, contre 30 à 55 % pour la menthe poivrée. Cette concentration en fait la matière première des cristaux de menthol, et impose des dilutions deux fois plus prudentes.

Une espèce, deux huiles distinctes

La plante est Mentha arvensis, souvent citée sous le nom Mentha canadensis et cultivée sous la variété japonaise piperascens. Sa description botanique est sur la fiche menthe des champs et la fiche menthe japonaise.

La distillation donne une huile brute très riche en menthol. Refroidie autour de -10 à -20 °C, cette huile laisse cristalliser une partie de son menthol, récupéré par centrifugation. Ce qui reste est l'huile démentholée, la forme la plus vendue, qui titre encore 30 à 50 % de menthol. Deux produits circulent donc sous le même nom, avec des concentrations très différentes : l'étiquette doit préciser lequel. Le procédé et les cristaux sont détaillés sur les cristaux de menthol.

Comparaison des trois huiles de menthe

Profils comparés des trois huiles essentielles de menthe courantes
CritèreMenthe des champsMenthe poivréeMenthe verte
Menthol70 à 85 % brut, 30 à 50 % démentholée30 à 55 %Moins de 1 %
Menthone15 à 25 %14 à 32 %Traces
Acétate de menthyleMoins de 2 %3 à 10 %Traces
CarvoneAbsenteAbsente50 à 75 %
Dilution cutanée usuelle0,5 à 1 %1 à 3 %1 %

L'acétate de menthyle est le marqueur le plus utile : quasi absent chez l'arvensis, présent à quelques pour cent chez la poivrée. C'est par lui qu'un laboratoire détecte une arvensis vendue sous l'appellation menthe poivrée, substitution documentée de longue date sur le marché des huiles essentielles. Voir choisir son huile.

Usages industriels

La production mondiale se concentre en Inde, en particulier dans l'Uttar Pradesh, qui fournit la majeure partie de l'huile de cornmint et du menthol naturel du commerce : voir la fiche Inde. La destination principale n'est pas l'aromathérapie mais l'industrie : dentifrices, bains de bouche, chewing-gums, confiseries, baumes chauffants et rafraîchissants, produits d'hygiène. Le menthol extrait alimente ensuite des filières entières, décrites sur la menthe dans l'industrie.

Ce qui est documenté sur ses effets

Les monographies de plante médicinale européennes portent sur la menthe poivrée, pas sur l'arvensis : cette dernière ne dispose pas de monographie équivalente, ni d'essai clinique contrôlé de référence. Ce que l'on peut affirmer tient à sa molécule dominante : l'activation du récepteur TRPM8 par le menthol, établie par des données in vitro, produit la sensation de froid. L'emploi de préparations mentholées en friction relève d'un usage traditionnel documenté. Le reste, à concentration égale de menthol, ne diffère pas de ce qui est décrit sur la fiche menthol.

Dilutions renforcées, voies exclues

À concentration de menthol deux fois supérieure, la dilution se divise par deux. Sur peau saine, 0,5 à 1 % suffit : 1,5 à 3 gouttes pour 10 ml d'huile végétale, soit 5 à 9 gouttes pour 30 ml, un compte-gouttes délivrant 25 à 30 gouttes par millilitre. En inhalation sèche, 1 goutte au maximum. En diffusion, 5 minutes par heure dans une pièce ventilée.

Voies autorisées : cutanée diluée sur une surface réduite, inhalation sèche brève, diffusion en pièce ventilée. Voies exclues sans exception : l'œil et son pourtour, le conduit auditif, les muqueuses nasale, buccale et génitale, le visage d'un enfant, l'application pure et l'application sous pansement occlusif. La voie orale relève d'une prescription. Voir l'utilisation cutanée.

Publics exclus et conduite en cas d'incident

Sont exclus : le nourrisson et l'enfant de moins de 30 mois, où le menthol expose à un spasme laryngé et à une apnée réflexe, accidents documentés qui fondent l'interdiction des préparations mentholées à cet âge, la femme enceinte et la femme allaitante, la personne épileptique et la personne asthmatique. Le risque est ici supérieur à celui de la menthe poivrée, à volume identique, du seul fait de la concentration.

  1. Projection oculaire : essuyer à l'huile végétale sur compresse, ne pas rincer à l'eau, renouveler, puis appeler le centre antipoison.
  2. Ingestion accidentelle : ne pas faire vomir, ne pas donner d'eau, faire avaler une à deux cuillerées d'huile végétale, appeler sans délai le centre antipoison avec le flacon.
  3. Réaction cutanée : essuyer à l'huile végétale, laver au savon, arrêter le produit et consulter en cas d'œdème ou de gêne respiratoire.

Questions fréquentes

Est-elle un bon substitut de la menthe poivrée ?

Pour un effet de froid, elle fait le même travail, plus fort et moins cher. Pour les usages relevant de la monographie de la menthe poivrée, notamment digestifs, elle n'est pas interchangeable : la documentation ne porte pas sur elle.

Pourquoi son odeur paraît-elle plus plate ?

Parce qu'elle contient très peu d'acétate de menthyle, l'ester qui donne à la menthe poivrée sa rondeur fruitée. L'arvensis sent surtout le menthol, avec une note herbacée sèche.

Faut-il l'éviter chez soi ?

Non, mais il faut la doser comme ce qu'elle est : une huile deux fois plus concentrée en menthol, donc à diluer deux fois plus, avec les mêmes exclusions de publics.

Huile très concentrée en menthol, réservée à l'adulte et à des dilutions de 0,5 à 1 %. Elle est exclue chez le nourrisson et l'enfant de moins de 30 mois, pendant la grossesse et l'allaitement, en cas d'épilepsie et en cas d'asthme. Elle ne remplace aucun traitement : en cas de doute ou de traitement en cours, demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien.


À lire ensuite : le dossier huiles essentielles · la composition chimique · précautions d'emploi · les produits à la menthe glaciale