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Santé · Nausées

Menthe et nausées

L'usage de la menthe contre la nausée est ancien et très répandu. Les données cliniques, elles, sont minces et discordantes : les revues systématiques consacrées à l'aromathérapie en post-opératoire concluent à un niveau de preuve faible. Voici ce qui est documenté, contexte par contexte.

Un usage traditionnel documenté, sans indication reconnue

Les monographies européennes de la menthe poivrée retiennent un usage traditionnel documenté pour les troubles digestifs fonctionnels légers, dont les nausées sont parfois citées comme composante. Aucune monographie n'accorde en revanche à la menthe une indication antiémétique en propre. Autrement dit, l'emploi est admis par l'ancienneté et l'absence de signal de toxicité, pas par une démonstration d'efficacité.

L'inhalation : ce que disent les revues

Le protocole le plus étudié consiste à faire inhaler quelques gouttes d'huile essentielle sur une compresse ou un tampon, en salle de réveil. Une revue systématique de la Cochrane consacrée à l'aromathérapie pour les nausées et vomissements post-opératoires conclut à un niveau de preuve faible à très faible pour l'huile essentielle de menthe poivrée, avec des essais peu nombreux, de petite taille et méthodologiquement fragiles. Un point revient souvent : l'inhalation profonde et lente pratiquée pendant le test améliore elle-même la nausée, ce qui rend le placebo difficile à construire.

Les essais cliniques contrôlés menés en oncologie ou pendant la grossesse aboutissent au même constat d'hétérogénéité : des résultats parfois favorables, jamais confirmés par une réplication de bonne qualité. Le contexte général des travaux est décrit sur les études sur la menthe.

Récapitulatif par contexte

Nausées et menthe : contexte, forme employée et niveau de preuve
ContexteForme employéeNiveau de preuveCe que cela permet de dire
Nausée après un repas lourdInfusion de feuillesUsage traditionnel documentéEmploi admis, effet non mesuré
Nausées post-opératoiresInhalation d'huile essentielleRevue systématique, preuve faibleEffet possible, non établi
Mal des transportsInhalation, olfaction du flaconUsage traditionnel documentéConfort ressenti, aucun effet préventif démontré
Nausées de grossesseToutes formesDonnées insuffisantesAvis médical requis avant tout usage
Nausées sous chimiothérapieInhalation d'huile essentielleEssais cliniques contrôlés hétérogènesRésultats discordants, aucune recommandation

Pourquoi l'effet est difficile à isoler

La nausée est une sensation, mesurée par échelle déclarative, très sensible à l'attente et au contexte. Sur le plan pharmacologique, le menthol active un récepteur sensible au froid des fibres nerveuses, phénomène établi in vitro, ce qui produit une sensation de fraîcheur nasale et buccale sans action connue sur les centres du vomissement. La modification plausible est donc une distraction sensorielle plus qu'un blocage de la nausée. Voir la fiche menthol.

Formes et gestes concrets

Pour un inconfort passager chez l'adulte, l'infusion tiède de feuilles séchées, 1,5 à 3 g par tasse, bue lentement, correspond à l'usage traditionnel documenté ; une boisson trop chaude ou trop sucrée aggrave souvent la sensation. L'olfaction se pratique sur un mouchoir, jamais par application directe sous le nez. Voir la tisane de menthe, huile essentielle et mal des transports et la diffusion. En cas de reflux associé, la menthe est plutôt à éviter, pour la raison exposée sur menthe et digestion.

Questions fréquentes

Peut-on utiliser la menthe contre les nausées de grossesse ?

Les données sont insuffisantes et les monographies déconseillent l'huile essentielle pendant la grossesse. L'infusion occasionnelle relève d'un usage traditionnel documenté, mais la décision revient au médecin ou à la sage-femme qui suit la grossesse. Voir menthe et grossesse.

Faut-il inhaler ou boire ?

Les rares essais cliniques contrôlés portent sur l'inhalation, jamais sur l'infusion. Cela ne rend pas l'inhalation supérieure : cela signifie que la boisson n'a pas été évaluée.

Une nausée persistante peut-elle être traitée ainsi ?

Non. Une nausée qui dure plus de 48 heures, empêche de s'alimenter ou s'accompagne de vomissements répétés, de fièvre ou de céphalée impose un avis médical, quelle qu'en soit la cause supposée.

L'huile essentielle est contre-indiquée chez le nourrisson et le jeune enfant, déconseillée pendant la grossesse et l'allaitement, et à écarter en cas de lithiase biliaire ou d'atteinte hépatique. Toute nausée persistante, isolée ou accompagnée de vomissements répétés, relève d'un médecin ; en cas de traitement en cours, l'avis d'un pharmacien évite les associations inutiles. Précautions générales sur les dangers de la menthe poivrée.


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