Huile essentielle · Exclusions
Contre-indications
Certaines situations n'appellent pas une dilution plus faible mais un renoncement complet. Avant 30 mois, pendant la grossesse et l'allaitement, en cas d'épilepsie ou de trouble biliaire, l'huile essentielle de menthe poivrée est écartée quelle que soit la voie. D'autres cas admettent une voie et en excluent une autre.
Le tableau des exclusions
| Situation | Portée | Motif |
|---|---|---|
| Nourrisson et enfant de moins de 30 mois | Toutes voies, y compris diffusion dans la pièce | Le menthol peut provoquer un spasme laryngé et une apnée réflexe |
| Enfant de 30 mois à 7 ans | Voie cutanée sur avis médical seulement, visage et cou interdits | Rapport dose sur poids défavorable, réflexe respiratoire immature |
| Grossesse | Toutes voies | Données insuffisantes, présence de cétones et de menthofurane |
| Allaitement | Toutes voies | Passage possible dans le lait et contact direct avec le nourrisson |
| Épilepsie et antécédent convulsif | Toutes voies | Neurotoxicité des cétones aux doses élevées |
| Asthme et hyperréactivité bronchique | Voie olfactive exclue, cutanée sur avis | Risque de bronchospasme aux vapeurs mentholées |
| Obstruction biliaire, lithiase, hépatite sévère | Voie orale exclue | Exclusion retenue par la monographie européenne |
| Reflux gastro-œsophagien, hernie hiatale | Voie orale déconseillée | Relâchement du sphincter inférieur de l'œsophage par le menthol |
| Personne âgée fragile ou polymédiquée | Avis médical préalable | Peau fine, interactions médicamenteuses possibles |
Les moins de 30 mois, l'exclusion la plus stricte
Le menthol appliqué ou inhalé près des voies aériennes d'un très jeune enfant peut déclencher une fermeture réflexe du larynx et un arrêt respiratoire. Le mécanisme relève d'un réflexe de protection immature, décrit dans la littérature pédiatrique. La conséquence pratique est simple : ni application, même diluée, ni inhalation, ni diffusion dans une pièce où l'enfant se trouve ou se trouvera avant aération. Le flacon reste hors de portée et hors de vue. Voir menthe et bébé.
Grossesse et allaitement
Aucune donnée clinique ne permet d'établir l'innocuité de l'huile essentielle de menthe poivrée pendant la grossesse, et le principe retenu par les monographies est l'abstention. Le menthofurane et la pulégone, présents à l'état de traces sous les seuils de la pharmacopée, sont hépatotoxiques à forte dose selon des données expérimentales. Pendant l'allaitement, l'exclusion tient aussi au contact direct : une application sur le thorax ou la poitrine expose le nourrisson. La feuille en infusion relève d'un cadre différent, discuté sur menthe et grossesse et menthe et allaitement.
Interactions et traitements en cours
Plusieurs constituants de l'huile essentielle inhibent des enzymes hépatiques dans des travaux in vitro, ce qui peut modifier la concentration sanguine de médicaments métabolisés par ces voies. La portée clinique de ces résultats n'est pas établie, mais elle suffit à imposer un avis avant tout usage oral chez une personne sous anticoagulant, antiépileptique, immunosuppresseur ou traitement cardiologique. La voie orale relève de toute façon d'une prescription ou d'une gélule gastro-résistante, comme l'explique la page voie orale. Le panorama des interactions figure sur menthe et interactions.
Ce qui reste possible, et à quelle dose
Hors de ces situations, chez l'adolescent et l'adulte, la voie cutanée diluée à 2 à 3 %, soit 12 à 18 gouttes pour 30 ml d'huile végétale, et la voie olfactive par inhalation sèche d'une à deux gouttes restent admises. Chez l'enfant de 7 à 12 ans, le plafond descend à 1 %, soit 2 gouttes pour 10 ml, hors visage. Sont exclues en toutes circonstances les applications dans l'œil et sur son contour, dans l'oreille, le nez, la bouche, sur les muqueuses génitales ou anales, ainsi que l'ingestion dans un verre d'eau. Voir le tableau de dilution et les règles de diffusion.
Si l'exclusion n'a pas été respectée
Projection dans l'œil : huile végétale alimentaire propre sur l'œil et la paupière, pas d'eau en premier geste, rinçage ensuite, puis avis. Ingestion accidentelle, en particulier chez un enfant : ne pas faire vomir, ne pas faire boire, garder le flacon et appeler le centre antipoison au 0 800 59 59 59 ou le 15. Application chez une personne exclue, suivie d'une gêne respiratoire, d'une somnolence ou d'un malaise : appeler le 15. Réaction cutanée : essuyer à l'huile végétale puis laver au savon. Les gestes complets sont sur les précautions d'emploi, et la synthèse sur la fiche huile essentielle.
Questions fréquentes
La limite est-elle à 30 mois, 6 ans ou 12 ans selon les sources ?
Les trois seuils coexistent parce qu'ils ne portent pas sur la même chose. Trente mois est le seuil d'exclusion absolue lié au risque laryngé. Sept ans marque la limite courante de l'application cutanée sans avis. Douze ans est le seuil retenu par certains fabricants pour leurs propres formulations, plus prudent encore.
Une infusion de menthe poivrée est-elle concernée ?
Non dans les mêmes termes. L'infusion apporte quelques milligrammes d'huile essentielle très diluée et relève d'un usage traditionnel documenté dans les troubles digestifs légers. Les exclusions listées ici visent l'huile essentielle concentrée.
Peut-on utiliser l'huile essentielle sur un animal ?
Non sans avis vétérinaire. Le chat métabolise mal les composés terpéniques, et les intoxications décrites sont sévères. La diffusion suppose que l'animal puisse quitter la pièce librement.
Cette liste ne remplace pas un avis individuel. En cas de grossesse, d'allaitement, d'épilepsie, d'asthme, de maladie du foie ou des voies biliaires, de traitement au long cours, ou pour tout usage envisagé chez un enfant ou une personne âgée fragile, consultez un médecin ou demandez conseil à un pharmacien avant d'ouvrir le flacon.
À lire ensuite : les précautions d'emploi · le tableau de dilution · la rubrique huiles essentielles