Huile essentielle · Céphalée de tension
Contre le mal de tête
Un essai clinique contrôlé en aveugle, d'effectif réduit, a mesuré une baisse de l'intensité de la céphalée de tension après application d'une solution à 10 % d'huile essentielle de menthe poivrée sur le front et les tempes. C'est la seule donnée clinique du dossier, et elle ne concerne ni la migraine ni une céphalée nouvelle.
Ce que l'essai a mesuré
Le protocole utilisait une solution alcoolique à 10 %, appliquée sur le front et les tempes, renouvelée après 15 et 30 minutes. La réduction de l'intensité douloureuse était significative par rapport au placebo dès la quinzième minute. L'effectif restait limité à quelques dizaines de participants, et le résultat n'a pas été reproduit à grande échelle depuis : le statut correct est donc essai clinique contrôlé isolé, pas preuve établie. Le mécanisme invoqué est l'activation du récepteur du froid des fibres sensitives, établie par des données in vitro et décrite sur la fiche menthol. Le contexte plus large est sur menthe et maux de tête.
Le protocole transposable à la maison
- Préparer 1 ml de mélange à 10 % : 2 gouttes d'huile essentielle de menthe poivrée dans 1 ml d'huile végétale de noyau d'abricot, soit environ 18 gouttes de support.
- Prélever l'équivalent d'une lentille sur le bout de l'index.
- Appliquer sur les tempes et la lisière du cuir chevelu, en restant à 1 cm au moins du bord de l'orbite et des sourcils.
- Étendre éventuellement à la nuque, jamais aux paupières ni au contour des yeux.
- Se laver les mains aussitôt, avant tout contact avec le visage.
- Renouveler au maximum deux fois à 15 minutes d'intervalle, et pas plus de 3 jours consécutifs.
La conversion goutte-millilitre retenue est de 20 gouttes par millilitre. Pour un flacon de 10 ml prêt à l'emploi à 10 %, il faut 20 gouttes d'huile essentielle. Les autres équivalences sont sur le tableau de dilution et la technique générale sur la voie cutanée.
Les zones interdites
| Zone | Statut | Raison |
|---|---|---|
| Tempes, à 1 cm de l'orbite | Autorisée chez l'adulte | Zone de l'essai clinique contrôlé, peau accessible sans muqueuse |
| Front, lisière des cheveux | Autorisée chez l'adulte | Éloignée des yeux si la quantité reste minime |
| Nuque et base du crâne | Autorisée chez l'adulte | Muscles souvent contractés dans la céphalée de tension |
| Paupières, contour des yeux, sourcils | Exclue | Migration des vapeurs vers la cornée, brûlure oculaire |
| Narines, lèvres, conduit auditif | Exclue | Muqueuses, absorption immédiate et irritation |
| Visage et cou de l'enfant | Exclue à tout âge | Risque de spasme laryngé lié au menthol |
Quand cette approche ne convient pas
Une céphalée nouvelle, brutale, accompagnée de fièvre, de raideur de nuque, de troubles visuels, de déficit moteur ou survenant après un traumatisme relève des urgences, pas d'une huile essentielle. Une migraine avec aura, une céphalée quotidienne ou l'usage répété d'antalgiques appellent un avis : voir menthe et migraine. L'huile essentielle est par ailleurs exclue avant 30 mois, sur le visage de tout enfant, pendant la grossesse et l'allaitement, en cas d'épilepsie et, pour la voie olfactive, en cas d'asthme. La personne âgée fragile demande un avis préalable. Détail sur les contre-indications, et tri des allégations sur les propriétés.
Si le produit atteint l'œil
C'est l'incident le plus probable avec cette application. On applique immédiatement une huile végétale alimentaire propre sur l'œil et la paupière pendant deux minutes : l'eau ne dissout pas l'huile essentielle et l'étale sur la cornée. On rince ensuite à l'eau tiède, on ne frotte pas, et on consulte en cas de douleur ou de vision trouble. En cas d'ingestion accidentelle du flacon, on ne fait pas vomir et on appelle un centre antipoison au 0 800 59 59 59 ou le 15. Une rougeur cutanée se traite en essuyant à l'huile végétale puis en lavant au savon doux. Voir les précautions d'emploi.
Questions fréquentes
Pourquoi ne pas appliquer une goutte pure comme le fait l'essai ?
L'essai n'utilisait pas d'huile pure mais une solution à 10 % dans l'éthanol, donc déjà diluée neuf fois. Une goutte pure sur la tempe correspond à 100 %, dix fois la concentration étudiée, avec un risque de brûlure et de migration vers l'œil.
Combien de temps l'effet dure-t-il ?
La sensation de froid s'installe en une à deux minutes et s'estompe en 20 à 60 minutes. La réduction de douleur observée dans l'essai était mesurée à 15 minutes ; au-delà d'une heure sans amélioration, l'approche n'apporte rien de plus.
Peut-on l'associer à un antalgique ?
Rien ne l'interdit en application locale, mais l'association ne se substitue pas à l'avis d'un professionnel si les prises d'antalgiques deviennent fréquentes. Un usage supérieur à dix jours par mois expose à des céphalées d'abus médicamenteux.
Cette application ne traite pas la cause d'un mal de tête. Elle est exclue avant 30 mois, sur le visage de tout enfant, pendant la grossesse et l'allaitement, en cas d'épilepsie ou d'asthme, et demande prudence chez la personne âgée fragile. Toute céphalée inhabituelle, intense, fébrile ou qui se répète justifie l'avis d'un médecin, et le choix d'un produit prêt à l'emploi celui d'un pharmacien.
À lire ensuite : l'application cutanée · le tableau de dilution · la rubrique huiles essentielles