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Produit · Confiserie

La pastille de menthe

Une pastille de menthe, c'est du sucre comprimé ou cuit, un liant, et une fraction d'arôme qui pèse moins de 1 % du poids total. Tout le caractère du produit tient dans cette fraction, et l'étiquette dit lequel des trois arômes possibles y a été mis.

Ce que désigne exactement le mot pastille

Le terme recouvre deux objets industriels différents. La pastille comprimée est obtenue par compression à froid d'une poudre de sucre glace, d'un liant et d'un lubrifiant : elle est mate, cassante, et se délite en bouche en une à deux minutes. La pastille cuite, elle, descend d'un sirop porté à 145-155 °C puis coulé et découpé : elle est translucide, dure, et tient quatre à six minutes. Les deux formats sont vendus sous le même nom, mais leur liste d'ingrédients ne se ressemble pas, et leur texture non plus.

La distinction n'est pas réglementaire : aucune définition européenne ne réserve le mot pastille à un procédé. La seule contrainte tient à la dénomination de vente, qui doit décrire le produit sans induire en erreur, au titre du règlement (UE) n° 1169/2011 sur l'information du consommateur.

Une origine d'apothicaire

Les pastilles descendent des préparations d'officine : on liait une poudre active avec de la gomme et du sucre pour la rendre avalable. La menthe y entre au XVIIIe siècle comme correctif de goût, puis devient l'arôme dominant. Deux repères de datation situent le basculement vers la confiserie de masse : les pastilles mentholées vendues à Londres à la fin du XVIIIe siècle comme remède digestif, et la pastille de Vichy, autorisée en 1825, qui fixe le format comprimé octogonal en France. L'alcool de menthe de Ricqlès, déposé en 1838, relève de la même logique : un principe mentholé vendu d'abord comme produit de santé, adopté ensuite comme rafraîchissant. Le versant historique et symbolique est traité dans l'histoire de la menthe.

Composition type d'une pastille comprimée

Composition indicative d'une pastille de menthe comprimée, pour 100 g de produit
ComposantQuantitéRôle
Saccharose (sucre glace)92 à 97 gMasse, sucrant, structure du comprimé
Gomme arabique E414 ou gélatine1 à 3 gLiant, cohésion à la compression
Arôme ou huile essentielle de menthe0,3 à 1,5 gGoût et effet de froid
Stéarate de magnésium E470b0,5 à 1,5 gLubrifiant de presse, évite le collage
Eau résiduellemoins de 1 gFraction non éliminée au séchage
Valeur énergétique385 à 400 kcalPresque intégralement d'origine glucidique

Une pastille pèse couramment 0,8 à 2 g, soit 3 à 8 kcal l'unité. La dose d'arôme rapportée à la pastille se compte donc en milligrammes : quelques dizaines suffisent à saturer la perception. C'est pourquoi une différence minime de dosage change radicalement le produit.

Lire l'étiquette : trois mentions, trois réalités

La liste d'ingrédients d'une pastille se termine presque toujours par une de ces trois mentions, encadrées par le règlement (CE) n° 1334/2008 sur les arômes.

  1. Arôme naturel de menthe : au moins 95 % en masse du composant aromatisant provient de la menthe nommée. Les 5 % restants, eux aussi naturels, ne servent qu'à standardiser le lot ou à ajouter une note.
  2. Arôme naturel : tous les composants sont d'origine naturelle, mais la source n'est pas déclarée. Le menthol peut venir d'une autre plante ou d'un procédé biotechnologique.
  3. Arôme : la mention nue autorise la synthèse chimique. Le menthol de synthèse, produit en dizaines de milliers de tonnes par an, entre dans cette catégorie.

Certaines pastilles affichent au contraire huile essentielle de menthe poivrée ou extrait de menthe : ce sont des préparations aromatisantes, donc un matériau végétal distillé ou extrait, pas une molécule isolée. Le détail réglementaire est développé dans la fiche sur les arômes de menthe.

Les versions sans sucres

Le saccharose y est remplacé par des polyols : isomalt E953, maltitol E965, sorbitol E420, xylitol E967. Leur apport énergétique est fixé à 2,4 kcal par gramme dans le calcul réglementaire, contre 4 pour le sucre, ce qui ramène la pastille autour de 230 à 260 kcal pour 100 g. Deux mentions deviennent alors obligatoires : l'allégation sans sucres n'est permise que sous 0,5 g de sucres pour 100 g, selon le règlement (CE) n° 1924/2006 ; et dès que les polyols dépassent 10 % du produit, l'étiquette doit porter la phrase sur les effets laxatifs d'une consommation excessive, imposée par l'annexe III du règlement (UE) n° 1169/2011.

Ce qui change en fabrication artisanale

Une pastille faite à la maison suit le procédé comprimé, faute de presse industrielle : on lie du sucre glace avec un blanc d'œuf ou un sirop de gomme, on parfume à l'huile essentielle alimentaire à raison d'environ 2 à 5 gouttes pour 100 g, on découpe et on laisse sécher 12 à 24 heures. Le résultat est plus friable qu'une pastille du commerce, parce que la compression manuelle n'atteint pas la densité d'une presse rotative. Le mode opératoire complet est dans la recette de pastilles maison.

Questions fréquentes

Une pastille de menthe rafraîchit-elle vraiment l'haleine ?

Elle la masque. Le menthol occupe la perception olfactive quelques dizaines de minutes, mais n'agit pas sur les composés soufrés volatils produits par les bactéries de la langue, qui sont la cause réelle de la mauvaise haleine. Voir la fiche consacrée à ce sujet.

Pourquoi certaines pastilles piquent-elles autant ?

Parce qu'elles combinent un fort taux de menthol et parfois un agent rafraîchissant de synthèse, qui prolonge l'effet de froid sans en augmenter l'odeur. Ce profil est décrit dans la fiche menthe glaciale.

Le stéarate de magnésium pose-t-il un problème ?

C'est un additif autorisé, présent à environ 1 % et servant uniquement de lubrifiant de compression. Aux doses rencontrées en confiserie, il n'apporte ni goût ni valeur nutritionnelle notable.


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