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Culture · Hivernage

La menthe en hiver

La menthe est une vivace à rhizomes : sa partie aérienne disparaît chaque automne, ce qui n'a rien d'inquiétant, tandis que la souche souterraine traverse l'hiver et redémarre au printemps. La question n'est donc pas de sauver le feuillage mais de protéger les rhizomes, exposés surtout en pot, où la motte gèle sur toute son épaisseur.

Ce qui se passe sous la surface

À partir de la fin septembre, la baisse de la durée du jour et des températures nocturnes déclenche la remobilisation : la plante transfère ses réserves des feuilles vers les rhizomes, qui accumulent des sucres. Ces sucres jouent un rôle antigel en abaissant le point de congélation des tissus. C'est pourquoi un pied coupé trop tôt, en septembre, entre en hiver avec des réserves incomplètes et redémarre plus faiblement au printemps. Les tiges aériennes noircissent aux premières gelées, entre moins 2 et moins 5 °C, et cette mort est normale.

Les stolons superficiels, eux, sont les organes les plus vulnérables : situés dans les 3 à 5 premiers centimètres, ils gèlent avant les rhizomes profonds. Une touffe qui a beaucoup couru en surface perd donc ses marges en hiver et se retrouve plus compacte au printemps.

Rusticité selon les espèces

Résistance au froid des principales menthes cultivées
EspèceLimite courante en pleine terreComportement
Mentha spicataEnviron moins 20 °CTrès rustique, redémarre tôt en mars
Mentha × piperitaEnviron moins 20 °CRustique, départ un peu plus tardif
Mentha suaveolensEnviron moins 15 °CFeuillage parfois persistant en hiver doux
Mentha aquaticaEnviron moins 18 °CExige un sol qui ne se dessèche pas en hiver
Mentha pulegiumEnviron moins 10 °CLa plus fragile des menthes courantes, souvent perdue en sol lourd
Mentha requieniiEnviron moins 8 °CTapissante, à protéger ou à rentrer

Ces valeurs supposent un sol drainé. Le facteur limitant réel n'est presque jamais le froid seul mais la combinaison froid et sol gorgé d'eau : un rhizome dans une terre saturée pourrit à moins 5 °C alors qu'il tiendrait à moins 18 °C dans un sol ressuyé. Voir sol et substrat. Le contexte climatique régional est traité dans climat et menthe.

Préparer un pied de pleine terre

  1. Fin octobre à mi-novembre, après que le feuillage a noirci : rabattre les tiges à 3 à 5 cm du sol et retirer les débris, qui pourriraient sur place et abriteraient les spores de rouille jusqu'au printemps.
  2. Épandre 8 à 12 cm de feuilles mortes, de paille ou de fumier composté sur la souche. La méthode figure dans pailler la menthe.
  3. Ne pas arroser. Un sol humide et froid favorise la pourriture ; les pluies hivernales suffisent largement.
  4. Ne rien fertiliser avant la fin de l'hiver, un apport azoté d'automne réveille des pousses qui gèleront.
  5. Fin février ou début mars, retirer la moitié du paillis pour laisser le sol se réchauffer, puis griffer 2 cm de compost.

Le cas du pot, nettement plus exposé

Dans un pot, la motte n'est protégée que par quelques centimètres de paroi. Elle prend la température de l'air, alors qu'en pleine terre le sol reste plusieurs degrés au-dessus. Un contenant de 5 litres gèle à cœur en une nuit à moins 5 °C ; un contenant de 30 litres résiste beaucoup mieux. Trois gestes réduisent le risque : regrouper les pots contre un mur exposé au sud ou à l'est, les surélever de 2 à 3 cm sur des cales pour éviter la semelle de glace au fond, et entourer le contenant de 5 cm de matériau isolant. Un voile d'hivernage double enroulé autour du pot, et non sur la plante, remplit cet office.

La terre cuite éclate au gel quand elle est saturée d'eau : mieux vaut un pot plastique ou un pot rentré sous abri froid. Les détails de contenant sont dans menthe en pot et menthe en jardinière.

Faut-il rentrer la menthe

Rarement. Une menthe rentrée dans une pièce chauffée à 20 °C ne connaît pas de repos, monte en tiges étiolées et s'épuise ; elle est en moins bon état au printemps qu'une menthe laissée dehors. Le seul abri utile est un local hors gel et lumineux entre 2 et 8 °C : garage avec fenêtre, véranda non chauffée, serre froide. Sans lumière, l'obscurité complète convient aussi tant que la plante est rabattue et dormante, à condition de maintenir le substrat juste humide, un arrosage de 0,2 à 0,3 L par mois pour un pot de 10 litres. La question de la culture en pièce chauffée relève de cultiver la menthe en intérieur.

La reprise de printemps

Les premiers départs apparaissent quand la température du sol dépasse durablement 8 à 10 °C, soit couramment entre début mars et mi-avril selon la région. Une touffe qui ne montre rien à la mi-mai a un problème réel : rhizomes pourris par excès d'eau, souche trop vieille et épuisée, ou dégâts de campagnols. Un test simple consiste à déterrer un fragment de rhizome : sain, il est blanc, ferme et cassant ; mort, il est brun, mou et filandreux. Le printemps est aussi le bon moment pour diviser la touffe, geste qui rajeunit un pied et prolonge sa durée de vie.

Questions fréquentes

Ma menthe a complètement disparu en décembre, est-elle morte ?

Presque certainement non. La disparition totale de la partie aérienne est le comportement normal d'une vivace herbacée. Le verdict se prend en avril, pas en décembre.

Peut-on récolter de la menthe en hiver ?

En pleine terre, non, il n'y a rien à couper. Sous abri froid ou en climat très doux, un feuillage résiduel subsiste parfois, mais son parfum est faible : les glandes se remplissent avec la lumière et la chaleur. Mieux vaut utiliser des feuilles séchées ou congelées de l'été.

Faut-il protéger tous les pots ?

En zone où le thermomètre ne descend pas sous moins 5 °C, un pot de plus de 15 litres passe l'hiver sans protection. En dessous de cette température ou pour un contenant de moins de 10 litres, la protection devient utile.


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