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Botanique · Nomenclature

Classification botanique du genre Mentha

Le genre Mentha a été établi par Linné en 1753. Il appartient aux Lamiacées, compte selon les auteurs de dix-huit à une trentaine d'espèces, et se divise en quatre sections dont une seule regroupe les menthes de jardin.

La place du genre dans la classification

Position taxinomique du genre Mentha
RangTaxonRemarque
OrdreLamialesAvec les oliviers, les plantains et les verveines
FamilleLamiaceaeTige carrée, feuilles opposées décussées, corolle bilabiée
Sous-familleNepetoideaeRiche en huiles essentielles à terpènes
TribuMentheaeAvec Salvia, Thymus, Origanum et Melissa
Sous-tribuMenthinaeAvec Clinopodium, Satureja et Pycnanthemum
GenreMentha L., 1753Espèce type : Mentha spicata L.

Deux caractères de famille suffisent à ranger une plante dans les Lamiacées : la section carrée de la tige et les feuilles opposées, chaque paire tournée d'un quart de tour par rapport à la précédente. C'est ce qui exclut d'emblée la menthe-coq, une Astéracée. Voir les faux amis de la menthe.

Les quatre sections du genre

Sections reconnues dans le genre Mentha
SectionCaractère distinctifEspèces représentatives
MenthaCalice à cinq dents égales, gorge glabre ; fleurs en épi ou en verticillesM. spicata, M. suaveolens, M. longifolia, M. aquatica, M. arvensis, M. canadensis
PulegiumCalice à deux lèvres, gorge fermée par une couronne de poilsM. pulegium, M. cervina, M. gattefossei
TubulosaeCorolle à tube allongé, port nain ou rampant, aire méditerranéenneM. requienii et espèces apparentées
EriodontesGroupe austral, port souvent prostré, feuilles très petitesEspèces australiennes du groupe de M. australis

La quasi-totalité des menthes cultivées et consommées relève de la section Mentha. La section Pulegium rassemble les espèces riches en pulégone, dont le pouliot et la menthe cervine, à l'usage alimentaire encadré. La section Tubulosae contient notamment la menthe de Corse, minuscule et rampante.

Combien d'espèces exactement

La question n'a pas de réponse unique, et pour une raison de fond : l'hybridation permanente brouille les limites entre taxons. La révision de référence de Tucker et Naczi, publiée en 2007, reconnaît dix-huit espèces et une douzaine d'hybrides interspécifiques nommés. D'autres bases acceptent une trentaine de noms, en élevant au rang d'espèce des taxons régionaux que la première traite comme des variantes.

Le cas le plus discuté est celui de la menthe verte, Mentha spicata L., décrite comme espèce par Linné et aujourd'hui majoritairement interprétée comme un hybride ancien de Mentha longifolia et Mentha suaveolens, stabilisé par la culture. Elle conserve son nom sans le signe « × » pour des raisons de stabilité nomenclaturale. Le mécanisme est développé dans les hybrides de menthe.

Les synonymes qui piègent

Les catalogues horticoles emploient encore beaucoup de noms abandonnés. Cinq reviennent constamment.

  1. Mentha viridis L. est un synonyme de Mentha spicata L. : c'est la menthe verte.
  2. Mentha rotundifolia employé seul, sans le signe d'hybridation, désigne en horticulture ce qui est botaniquement Mentha suaveolens, tandis que Mentha × rotundifolia est l'hybride de M. longifolia et de M. suaveolens.
  3. Preslia cervina est l'ancien nom de Mentha cervina, longtemps isolée dans un genre à elle seule.
  4. Mentha citrata Ehrh. correspond à Mentha × piperita f. citrata, la menthe bergamote.
  5. Mentha arvensis var. piperascens et Mentha haplocalyx renvoient à Mentha canadensis L., la menthe japonaise, source du menthol naturel.

À ces synonymes s'ajoutent les noms purement commerciaux, sans valeur botanique : menthe marocaine, menthe glaciale, menthe mojito. Ils désignent des cultivars ou des profils aromatiques, pas des taxons. Les termes techniques sont définis dans le glossaire.

Chromosomes et ploïdie

Le nombre chromosomique de base du genre est x = 12. Les niveaux observés vont de 2n = 24 chez Mentha suaveolens et Mentha longifolia jusqu'à 2n = 120 et au-delà dans certaines populations, en passant par 2n = 48 chez Mentha spicata, 2n = 72 chez Mentha arvensis et Mentha × piperita, et 2n = 96 chez Mentha aquatica. Cette polyploïdie explique à la fois la viabilité de nombreux hybrides et l'irrégularité de leur méiose, donc leur stérilité fréquente.

Questions fréquentes

Pourquoi les noms changent-ils si souvent ?

Parce que la délimitation des espèces repose désormais sur des données moléculaires qui contredisent parfois la morphologie. Le déplacement de Preslia cervina dans Mentha en est un exemple direct.

Que signifie le « L. » après un nom latin ?

C'est l'abréviation de l'auteur qui a publié le nom, ici Linné. Elle fait partie du nom complet et permet de distinguer deux noms identiques publiés par des auteurs différents.

La menthe poivrée est-elle une espèce ?

Non, c'est un hybride, ce qu'indique le signe « × » dans Mentha × piperita. Voir la fiche menthe poivrée.


À lire ensuite : les hybrides de menthe · identifier une menthe · la menthe de Corse · le glossaire · toutes les espèces de menthe