Aller au contenu
menthe.org

Culture · Santé du pied

Maladies de la menthe

Cinq agents pathogènes concentrent la quasi-totalité des dégâts sur menthe au jardin : deux champignons foliaires, un champignon vasculaire et deux pourritures racinaires. Les distinguer prend cinq minutes et détermine tout le reste, car un traitement foliaire ne fait rien contre une attaque de racines.

Distinguer une maladie d'un problème de conduite

Avant de chercher un champignon, il faut éliminer les causes physiologiques, qui représentent la majorité des cas signalés en pot. Un feuillage jaune uniforme, sans tache ni relief, sur un substrat détrempé, relève d'un excès d'eau et non d'une maladie : voir ma menthe jaunit. Un dessèchement brutal après trois jours de chaleur relève du stress hydrique : voir ma menthe sèche. Le critère décisif est la présence d'une lésion localisée et structurée : pustule en relief, feutrage superficiel, tache à bord net, brunissement des vaisseaux.

Tableau des principales maladies

Repères de diagnostic des maladies de la menthe au jardin
MaladieOrganismeSymptôme caractéristiqueConditions favorablesPremière mesure
RouillePuccinia menthaePustules orangées en relief sous la feuille, poudre qui tache le doigt15 à 24 °C, feuillage mouillé plus de 6 heuresRabattre à 5 cm et évacuer les débris hors du compost
OïdiumGolovinomyces biocellatusFeutrage blanc farineux sur le dessus de la feuille, qui s'essuie au doigt18 à 26 °C, air humide mais feuille sèche, peu de ventilationÉclaircir la touffe et supprimer les tiges atteintes
VerticillioseVerticillium dahliaeFlétrissement d'un seul côté de la tige, entre-nœuds courts, vaisseaux bruns à la coupeSol contaminé, 20 à 25 °C, culture répétée au même endroitArracher le pied et changer d'emplacement pour au moins 4 ans
Pourriture racinairePythium et Rhizoctonia solaniRacines brunes et molles, collet noirci, plant qui se déchausseSubstrat saturé, drainage nul, arrosage sur soucoupeRempoter en substrat drainant et supprimer les racines molles
AnthracnoseSphaceloma menthaePetites taches claires à bord brun sur feuilles et tiges, aspect grêléPrintemps humide et frais, densité forteAérer, supprimer les tiges marquées, espacer les pieds à 40 cm

Les maladies foliaires

La rouille et l'oïdium sont de loin les plus fréquentes. Elles partagent une même logique : un inoculum qui hiverne sur les débris et sur les rhizomes, une infection favorisée par la densité de la touffe, et une progression qui s'accélère dès que le microclimat sous le feuillage devient stable. Leur cycle, leurs seuils et leurs mesures spécifiques sont traités en détail dans la rouille de la menthe et l'oïdium sur la menthe. Retenir la différence tactile : la pustule de rouille est en relief et ne s'efface pas, le feutrage d'oïdium part au doigt.

Les maladies racinaires et vasculaires

La verticilliose est la plus grave parce qu'elle est incurable au jardin. Le champignon pénètre par les racines, colonise les vaisseaux conducteurs et bloque la circulation de la sève : la tige flétrit alors que le sol est humide, et l'entaille au couteau montre un anneau brun sous l'écorce. Les microsclérotes survivent 4 à 10 ans dans le sol, ce qui interdit de replanter une menthe, une tomate ou une aubergine au même endroit. Les pieds atteints s'arrachent en entier, rhizomes compris.

Les pourritures racinaires, elles, sont presque toujours provoquées par la conduite plutôt que subies. Pythium et Rhizoctonia solani sont présents partout et ne deviennent agressifs que dans un substrat privé d'oxygène. Le levier est donc physique : drainage, volume de pot, fréquence d'arrosage. Voir sol et substrat et l'arrosage.

Six gestes de prévention

  1. Espacer les pieds de 35 à 45 cm et supprimer une tige sur trois en juin pour que l'air circule dans la touffe.
  2. Arroser au pied, le matin, jamais sur le feuillage en fin de journée : la durée d'humectation des feuilles est le facteur déclenchant de la rouille.
  3. Limiter l'azote. Un excès produit des tissus tendres, plus sensibles aux champignons et aux pucerons : voir l'engrais.
  4. Rabattre à 5 cm en octobre et évacuer les débris hors du jardin ; un compost domestique à 25 à 40 °C ne détruit pas les spores.
  5. Diviser la touffe tous les 2 à 3 ans pour éviter la densité qui entretient l'humidité.
  6. Ne jamais replanter une menthe malade au même emplacement, et prélever les rhizomes de multiplication en périphérie d'un pied sain.

Quand faut-il tout arracher

Trois situations justifient l'arrachage total plutôt que le traitement : la verticilliose confirmée par le brunissement vasculaire, une rouille qui revient trois années de suite malgré le rabattage automnal, et une pourriture racinaire ayant atteint le collet sur plus de la moitié de la touffe. Dans les trois cas, une nouvelle plantation à partir de boutures saines et à un autre emplacement coûte moins de temps qu'une tentative de sauvetage. Voir bouturer la menthe.

Questions fréquentes

Peut-on consommer les feuilles d'un pied malade ?

Les champignons cités ne sont pas toxiques pour l'homme, mais les feuilles atteintes ont un goût altéré et un aspect qui les rend inutilisables. En pratique, on ne récolte que les feuilles indemnes, en évitant les étages bas, et on ne fait jamais sécher une feuille pustulée : le séchage ne détruit pas les spores.

Les traitements du commerce sont-ils utiles au jardin ?

Sur les maladies foliaires, les produits de biocontrôle disponibles pour les particuliers agissent surtout en préventif et sur un feuillage sain. Sur la verticilliose et les pourritures racinaires, aucun traitement accessible au jardin amateur ne fonctionne : seules les mesures culturales comptent.

Une menthe en pot est-elle plus ou moins exposée ?

Moins exposée aux maladies du sol, puisque le substrat est neuf, mais nettement plus exposée aux pourritures racinaires par excès d'arrosage et à l'oïdium en intérieur, où l'air stagne. Voir la menthe en pot.


À lire ensuite : la rouille · l'oïdium · les pucerons · cultiver la menthe en bio · toute la rubrique culture